La liste des Morts 3.

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Je descend du train, gare du nord. J'effectue un remplacement de Loïc Six, et j'en profite pour réaliser un vieux rêve : voir Paris. Il était important de voir Paris, afin qu'on puisse se remettre sous la dent un petit quelque chose, histoire de repuiser l'inspiration sur-usée par le terne du nord. S'illuminer un peu les yeux, raviver cette flamme qui pétille dans le fond de l'iris.

Alors on va voir la Tour Eiffel, démarrant de la gare Saint Lazare, en passant par le Printemps, les galeries Lafayette, l'Opéra Garnier, on emprunte la rue de la Paix, pour rejoindre la place Vendome, Rue Visconty, Promenade furtive au Jardin des Tuileries pour faire un détour place de la Concorde. On s'essaye au Métro Parisien avec chauffeur s'il vous plaît ! On revoit la couleur du jour pas très loin du palais de Tokyo, et ça y est, la Dame de fer révèle ses pieds d'acier. On s'approche, à vrai dire je la voyais plus grande comme dans mes dessins. On continue de se promener le long du champs de Mars, on prend la photo du touriste parfait (ci-dessus).

Assez déçu par la Tour, on continue tout de même la visite de la ville pour se faire une overdose du regard. La tête comme une girouette; monument par ci monument par là. Grand Palais, pont Alexandre III, Invalides, Quai d'Orsay, Assemblée Nationale, On prend le bus, on frôle le Louvre, on s'arrête sur le pont des Arts, on se fait une petite pause, pour voir les éclairages de l'île de la Cité se refléter sur la Seine, l'Académie est à notre droite. Des gens parlent étranger, j'entends de l'Allemand, de l'Anglais bien sur, mais aussi de l'Italien, de l'Espagnol... Exactement ce que j'attendais. Mais on ne s'attarde pas trop, la journée n'est pas finie, Pont Neuf, Samaritaine, Bus puis Mairie de Paris.

Calmons nous, j'arrête de déballer la journée, elle fut vraiment chargée. Cependant, non loin d'une ligne de chemin de fer, des gros tas de feuilles, des tas de feuilles énormes qui empiètent même sur la route. Deux hommes déboulent sur moi ! En sortant du tas de feuille ces deux la me poussent dans ce gros tas de feuilles, feuilles de platanes en plus ! Le premier je le reconnais, c'est moi, il tient une arme blanche à la main, une grosse machette et il me l'enfonce dans la poitrine...

Oui, et il meurt instantanément. Moi Loïc Six Quatre prend le relais et replace Loïc Six Trois qui disparaît aussitôt. Là le deuxième individu ne se rend compte de rien, il ne peut pas voir que je viens tout juste de me remplacer, peu importe. Et il se tient face à moi, et guidé par l'adrénaline qui circule dans tout le corps, je le saisi et l'embrasse. Paris est une ville à ne jamais faire seul. Le précédent Loïc était très sympa, mais il ne savait pas risquer, miser en amour, trop peur peut être, enfin surtout qu'il n'était pas amoureux. Je remédie à cela. Enfin c'est à l'homme mystérieux du tas de feuille que je dois ça.

Puis nous irons sur l'île Saint Louis ou j'eus peut être passé un des plus beaux moments de ma vie.
(Mais je décide de garder cet épisode pour moi, car cette vie privée ne vous regarde pas, sauf à l'autre, mais point besoin de lui conter)
Je crois qu'il n'y aura pas d'autres assassinats de Loïc Six avant un sacré bout de temps.
Moralité : Persévérez.

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