Jeudi 25 Mai ; La Rue de Béthune.




Nous étions trois, on avait acheté deux bouteilles de OLD NICK chacun parce que c'était une grande occasion, c'était la première fois qu'il y avait deux Samedis dans la même semaine, on a décidé alors d'acheter chacun deux bouteilles de OLD NICK qu'on mélangerai avec du jus d'orange ou autre chose. Il devait être quatorze heures quand on a commencé à boire. On s'était posé devant les Beaux Arts, parce qu'il y avait des bancs et des gens qui jouaient de la gratte et du Tam-tam. On buvait joyeusement devant l'imposant bâtiment qu'on appelle musée. C'était pratique ici parce qu'il y a des beaux toilettes et puis la magistralité du lieu nous plongeait encore plus dans notre délire. On pissait aux Beaux Arts à l'habitude. Donc on buvait sur les marches près de la fontaine, dos à la préfecture. Phillipe et Michel se tenaient là et se roulaient une cigarette avec beaucoup de difficultés. Moi qui n'aime pas fumer, je les regardais en rigolant. Je leur parlais des bienfaits du narguilé avec de l'opium ou autre substances hallucinogènes.
Michel me dit :
_Viens pas me faire la morale avec ton bla-bla surtout sur les substances hallucinogènes ! Fais pas chier avec ton baratin, je te rappelle que tu n'a même pas eu trois sur vingt à ton dernier devoir de SVT sur ce sujet.
Il me regarda en rigolant, je ris aussi, il savait comme moi que l'école, on s'en foutait un peu et la valeur des DS ne valait rien dans notre vie. Nous sommes des marginaux et on en est fier. Michel se remit à parler de Rimbaud, il me dit qu'il l'avait connu dans une autre vie ou je sais plus quoi, je m'en foutais royalement, je pris ma bouteille au goulot et je bu une sacré goutte.

Phillipe me prit par l'épaule :
_Donne moi la 'teille j'ai soif.
Je lui donnais la bouteille puis je la repris :
_On va aux chiottes !
_D'accord mais file une goutte
Il fit un cul-sec et il me rendit la bouteille. On s'approcha de l'entrée. Deux policiers virent fermer les portes devant nous. Le musée est fermé ; On a volé la moitié des œuvres. Comme on avait les bouteilles dans les mains, on ne s'approcha pas plus.

Je dis à Michel et Phillipe :
_Il y a un parking souterrain en dessous, venez il y a une entrée là bas.
On entra dans une cage d'escalier, on descendis tout les niveaux pour être tout en bas. Il y a en général moins de monde au dernier niveau. En effet, il n'y avait personne au dernier niveau. On entra dans le parking, il y avait peu de lumière sans doute les drogués avaient dû casser les néons pour pouvoir échapper aux vigiles et pour se piquer tranquillement. Je me trouvais un coin dans l'obscurité, et j'observais s'il n'y avait personne. Il faisait chaud, très chaud. Sans doute cet énorme ventilateur qui faisait un vacarme tranquille. L'atmosphère était lourde, je n'étais pas encore ivre. Je sorti le pénis de mon caleçon, je bandais. Je m'en foutais et je me mis à pisser. C'est alors que Michel dit dans l'obscurité :
_Les mecs je bande !
_Moi aussi !
_Moi aussi ! Dit Phillipe.
D'ailleurs c'était de plus en plus puissant. J'avais fini de pisser. J'avais craqué le troisième bouton de mon caleçon, et lorsque je mis ma bite à l'intérieur les deux boutons restant sautèrent. Je ne dis rien et je mis avec difficultés et sans délicatesse ma bite dans le pantalon. On remonta. Il y avait un ascenseur. Je ne l'avais pas vu en descendant. On le pris. Ça sentait la pisse comme d'habitude, comme dans tout les ascenseurs Lillois. Cette ville aux charmes simples pue la pisse ! Dans chaque recoin on peut trouver des canettes de bière ou des flaques de pisse.
On sorti de l'ascenseur, on monta encore un escalier puis nous respirâmes enfin l'air pollué mais frais de la surface.

On se passa la bouteille, jusqu'au passage piéton boulevard de la liberté. Michel sorti une feuille et un peu de tabac pour se refaire une cigarette. Un gros bonhomme avec une petite moustache vint à notre rencontre et il vit Michel :
_Hé les jeunes, 'voulez pas que je vous aide ?
_Oué et vous avez pas du feu par hasard ?
_Si, si.
Il prit le papier, fit la cigarette, il l'a rendit à Michel et il lui alluma et se retira sans dire un mot. On bandait toujours. On se dirigea vers la rue de Béthune. Et à ce moment la, une dame âgée d'environ quatre-vingt-sept ans vint devant nous. Elle s'approcha de moi, elle dit d'une petite voix ;
_Excusez moi, Monsieur mais votre lacet est défait.
_C'est juste Madame, merci.
_De rien, (Je me baissais pour faire mon lacet).
_Non non, Monsieur je vais le faire.
_Mais non enfin ! Je vais le faire !
Elle fit mon lacet, j'étais gêné de voir cette petite vieille avec toutes les misères du monde faire mon lacet. Les gens me regardaient, ils ne me regardaient pas d'un air hautin, ils semblaient s'agenouiller devant moi. La vieille folle se releva et me salua puis parti dans la foule qui ralentissait devant nous trois. Les gens s'étaient prosternés. Je ne comprenais pas la situation. Phillipe et Michel non plus, mais cela les amusait. Les gens s'écartaient devant nous.
Il y avait du monde ce jour là rue de Béthune, mais les gens se reculaient et ils laissaient une large bande de vide au milieu de la rue afin que nous puissions passer sans aucun problème. Je ne comprend pas.

Je bois parce qu'ils me donnent le vertige. Michel lui rigole moins. Phillipe aussi. Les gens derrière nous ramassent les cendres de la cigarette de Michel.
Un homme de quarante ans, se couche devant nous.
_Que voulez vous ? Dis-je.
_Il y a une crotte de chien. Vous pouvez passer. Je me suis couché dessus. Vous pouvez passer tranquillement maintenant. Si vous voulez vous pouvez me marcher dessus, il n'y a aucun problème.
Michel, ça l'amusait et il lui demanda s'il ne pouvait pas se rouler dedans.
_Si vous voulez, répondit l'homme.
Mais petit à petit les gens se rapprochaient autour de nous. Ils tirent l'homme du sol et c'est une femme qui prend sa place, couchée;
_Je suis propre, moi, vous pouvez passer.
Les gens commençaient à se battre pour pouvoir se coucher par terre. L'homme et la femme étaient dégagés depuis longtemps et les gens devaient sans doute les éloigner de nous. Ils se bousculaient tous, ils se tapaient, ils se tiraient les cheveux.

Et puis je dis tout à coup : STOP ! Foutez nous la paix.
Une naine vint a ma rencontre, et me donna sa montre.
_La votre n'est pas à l'heure Monsieur. Prenez la mienne.
Les gens dégagèrent la naine et ils continuèrent à se battre comme des cons. Je bandais encore. Je finis la bouteille de OLD NICK devant ce spectacle qui me devenait insupportable. Je poussai un grand cri et je m'assois par terre. Tout les gens se mirent assis, Michel et Phillipe aussi décidèrent de s'asseoir. Je me demandais pourquoi ils faisaient un bordel comme ça. Les gens répondirent tous en cœur : C'est pour vous Monsieur !
C'était insupportable.
Je couru avec Phillipe et Michel qui ne rigolaient plus du tout. J'avais dit préalablement aux gens de rester assis. Ils étaient tous assis et ils se battaient encore. Tout les regards étaient sur nous. On étaient avec nos bouteilles comme des cons à marcher sur un tapis, d'hommes, de femmes, d'enfants. On bandait toujours.

On a fini par monter dans le parking de la galerie des Tanneurs, personne ne nous suivait. Il n'y avait aucune voiture. On en avait marre. Et Michel qui était à sa troisième tentative de suicide, sauta par dessus le muret. Il tomba. Phillipe venait de voir la scène. Il prit une bonne bouteille à moitié vide. Il bu la moitié de ce qu'il restait puis il sauta aussi. Il tomba. Il avait sauté avec la bouteille ce con. Heureusement il m'en restait une autre. Je l'ouvris. Je regardais par dessus le muret. La bouteille de Phillipe n'avait pas explosé. Mais elle était vide. Moi je m'apprêtais à sauter aussi. Mais je finissais ma bouteille avant. Je surplombais leurs deux corps. Ils étaient amoureux l'un de l'autre. Je le savais. J'ai rien dit, ils me l'avaient demandé. Ils bandaient encore ces deux là. Moi aussi, toujours cette bosse. Je regardais mon pantalon. Il était tapissé de sperme, il y avait plein de sperme dans le pantalon. J'avais éjaculé sans m'en rendre compte et je n'avais éprouvé aucun plaisir. Bon il restait un quart de la bouteille. Je montait sur le muret. Le vent aillait vers le bas, j'étais d'accord avec lui. Je ne vidais pas la bouteille tout de suite (ce sera pour la route). Si je vois ma vie défiler, j'encaisserai mieux le coup.

Finalement, je m'étais dégonflé, j'étais bien là. Je finis ma bouteille.
Puis ensuite, je m'assois sur le muret, je bandais encore.
Deux agents de police s'approchent de moi, ils venaient de l'ascenseur.
Ils me disent simultanément :
_Je vous arrête.
_Pourquoi ?
_Pour le meurtre de Michel et Phillipe.
_Je ne les ai pas tué.
_Vous les avez poussé.
_C'est faux ! Ils se sont suicidés !
_On verra ce que dira le juge. Vous risquez gros mon petit !
_Ah ?
_La perpette !
_Plutôt crever !

Je leur jetai la bouteille à la figure. Et je sautais. Je bandais encore. Pendant ma chute, je me suis rendu compte que ces deux agents étaient les mêmes que ceux qui avait fermé le musée. Je bandais toujours.

Le corps vint s'aplatir sur les deux corps. Ils étaient tous les trois empilés, se sodomisant. Et mon corps avait une bouteille de OLD NICK dans le cul.


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