LUNDI 27 FÉVRIER : DON JUAN n'est pas méchant

Je connais un "Don Juan"; Qu'est ce qu'un Don Juan, si vous n'avez pas lu le texte précédent du lundi 20 février accessible depuis les archives, il y peu de chance que vous sachiez ce qu'est un Don Juan... Un Don Juan est un garçon qui couche avec le maximum de filles rien que pour son plaisir et qui n'a pas de sentiments pour la fille qu'il éjectera plus tard. L'expression est tirée de œuvre de Molière ; Don Juan. La définition de Don Juan chez Molière peut être discutable avec la mienne mais nous ne faisons pas ce procès ici, ni ailleurs. Nous sommes libres d'utiliser des expressions comme bon nous semble même si l'exactitude n'est pas au rendez-vous. Nous parlons d'autre chose.

J'en connais un, donc et je l'ai observé ces derniers temps, c'est un personnage fascinant et qui ne laisse personne indifférent. Il a une certaine carrure, un certain charisme, un physique qui n'est pas forcement digne d'un sportif grec lançant le javelot, non. C'est un corps normal, mais orné d'une telle manière à ce que nous savons tout de go à quoi nous avons affaire. Ce n'est pas un macho, il y a plusieurs sortes de Don Juan, ils ont chacun leurs styles de cibles. Enfin le Don Juan aime se dévergonder, car il veut se faire remarqué par les filles aveugles... Ce qui n'est pas trop difficile. Le Don Juan a beaucoup d'assurance, il a confiance en lui du moins en apparence, et c'est très important de faire montrer que l'on est à l'aise car les filles ne sont pas troublées, et au passage, il prend un peu de lumière des projecteurs... oui, le Don Juan tient à sa réputation, c'est son fond de commerce. Être un Don Juan, c'est en quelque sorte être un pro du marketing (propagande pour ceux qui n'aime pas le capitalisme) et sera sans doute plus tard dans le commerce.

Un Don Juan aussi c'est un gros con... plutôt connard. Parce que pour faire ce qu'il fait vraiment il ne faut pas avoir du cœur, changer de "meuf" toute les deux semaines vraiment; chapeau ! Après savoir si je le met bas c'est une autre histoire... Et puis, "MEUF" en voilà un mot ! Quelle horreur ! On a réduit la fille à l'état de "playmobil" (je dis la fille parce que il est très difficile de trouver un mot qui désigne une personne avec qui on sort, donc j'utilise le mot commun pour désigner ce qui est tout de même un peu plus qu'une simple fille.) On dit "meuf", ça fait un peu vache, et puis aussi lorsque l'on dit il y a une certaine marque de mépris; écoutez "MEUFFF" (pfff !) on le sent... bon surtout on dit meuf parce que on ne dit pas amoureuse, on ne dit pas ma femme non plus, on ne dit pas copine ou petite copine : c'en est pas une!

Don Juan, c'est un gars qui a connu des tas de filles dans le passé, qui a de l'expérience. Les filles lui sourient, il raconte des choses drôles pour les faire rire, il raconte toujours quelque chose du genre les racontars -vrais ou non- aucune importance, c'est juste pour dire de se rehausser par rapport aux autres gars. Il aime éliminer la concurrence tout en gardant une certaine solidarité envers les autres Don Juan ; Attention, le Don Juan reste égoïste.

Comment le Don Juan a fait pour devenir un Don Juan ? Le Don Juan a été un gars comme tout le monde, il rencontrait un certain succès avec les filles et il prenait la chose au sérieux, et surtout il faisait cela avec une fréquence nettement moins élevée car il y mettait du coeur, c'est un garçon qui sait plaire. Mais qui comme tout les adolescents, il vit des déchirures... et il les prend tellement à coeur qu'il n'en ressort pas indemne. Il est un peu perdu et il cherche sa faute, alors il a un profond sentiment d'injustice et il a du mal a s'accepter.

Se remettant alors de ces péripéties qui l'on marqué à vie, il ferme son cœur et se condamne lui même à des amourettes, voilà pourquoi on dit meuf parce que on ne peut pas dire copine ni amoureuse, ce garçon se dit qu'il faut prendre du bon temps... alors on obtient un DON JUAN; rectification, le Don Juan est le plus grand des coRnards.

Pauvre garçon, c'est lui le dindon de la farce ! Il se condamne à vivre que des amourettes superficielles et partout où il passe il salit ces si douces féminines qui sont heureuses à ses cotés mais pour combien de temps ? Histoire de quelques semaines et le cœur est marqué a vie, c'est si fragile ! Le pire ceux qui payent le prix fort ce sont les Don Juan qui se condamnent à chaque pas; Ils vivent sur une cicatrice qu'il ne faut surtout pas gratter, et l'amour leur réussi tellement bien qu'ils se condamnent aussi à vivre des amours éphémères et ils ne voient plus que le plaisir, et le pire c'est qu'ils en ont conscience ; et plus ils en ont conscience plus ils se réfugient dans cette spirale infernale.

Enfin, il y a du positif, les Don Juan prennent toutes les filles qui passent, ils ne visent pas forcément les cannons au contraire. Ils offrent donc aux filles qui n'ont aucune expérience, une valse qui la fera connaître les joies mais aussi les regrets de l'amour. DON JUAN , DON JUAN, mon frère quelle vie mènes tu ? Tu as une certaine conscience de la vie, moi je n'en ai presque pas mais qu'est ce que tu en tires de la tienne ? Du plaisir ! Du plaisir ! Le plaisir n'est pas entier sans les accoutrements qui vont avec... Ne valait t-il pas mieux rêvasser et rester sur sa fin au lieu de jouer les colporteurs du malheurs ? Mon frère, je te comprend et je ne peux pas te condamner même si je désapprouve ce que tu fais... Au jeu de l'amour, il n'y a pas de vainqueur quand on a dix-sept ans.

 

LOIC,

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Les amours d'antan

 

Moi, mes amours d´antan c´était de la grisette

Margot, la blanche caille, et Fanchon, la cousette...

Pas la moindre noblesse, excusez-moi du peu,

C´étaient, me direz-vous, des grâces roturières,

Des nymphes de ruisseau, des Vénus de barrière...

Mon prince, on a les dam´s du temps jadis - qu´on peut...

 

Car le cœur à vingt ans se pose où l´œil se pose,

Le premier cotillon venu vous en impose,

La plus humble bergère est un morceau de roi.

Ça manquait de marquise, on connut la soubrette,

Faute de fleur de lys on eut la pâquerette,

Au printemps Cupidon fait flèche de tout bois...

 

On rencontrait la belle aux Puces, le dimanche :

''Je te plais, tu me plais...'' et c´était dans la manche,

Et les grands sentiments n´étaient pas de rigueur.

''Je te plais, tu me plais. Viens donc beau militaire''

Dans un train de banlieue on partait pour Cythère,

On n´était pas tenu même d´apporter son cœur...

 

Mimi, de prime abord, payait guère de mine,

Chez son fourreur sans doute on ignorait l´hermine,

Son habit sortait point de l´atelier d´un dieu...

Mais quand, par-dessus le moulin de la Galette,

Elle jetait pour vous sa parure simplette,

C´est Psyché tout entier´ qui vous sautait aux yeux.

 

Au second rendez-vous y´ avait parfois personne,

Elle avait fait faux bond, la petite amazone,

Mais l´on ne courait pas se pendre pour autant...

La marguerite commence avec Suzette,

On finissait de l´effeuiller avec Lisette

Et l´amour y trouvait quand même son content.

 

C´étaient, me direz-vous, des grâces roturières,

Des nymphes de ruisseau, des Vénus de barrière,

Mais c´étaient mes amours, excusez-moi du peu,

Des Manon, des Mimi, des Suzon, des Musette,

Margot la blanche caille, et Fanchon, la cousette,

Mon prince, on a les dam´s du temps jadis - qu´on peut...

Georges Brassens