- Jeudi 12 Février -



Utilisons
PIaton et Facebook
Pour dilapider mon obsession de moi.


Platon : La république Livre X (chez GF p. 484) :

"Ne soyons donc pas spécialement étonnés si
cet objet fabriqué se présente comme quelque
chose d'obscur par comparaison avec la vérité."



Un jour, je me suis présenté à quelqu'un : "Bonjour, je m'appelle Loïc, Loïc Six". Et on m'avait répondu : "Tu vis à Verlinghem ?". Ma réponse était "Non", puisque je ne vis pas à Verlinghem. J'ai vécu tranquillement quelques mois en sachant que je ne vivais pas à Verlinghem. D'ailleurs, il m'apparaissait inconcevable de vivre à Verlinghem jusqu'au jour où. Jusqu'au jour où mon égo me lança sur internet et me fit taper mon nom et mon prénom dans un moteur de recherche. Ma surprise était de taille lorsque j'ai découvert que Loïc Six vivait à Verlinghem, et qu'en plus il avait un compte Facebook. Bouleversement alors. Nous échangeons quelques phrases brièvement. La phrase récurrente de cette entrevue virtuelle : "Tu pourras leur dire qu'il y a erreur sur la personne et que le VRAI Loc est toujours à Verlinghem ;) ".

Et nous arrivons à Platon :
(Je résume vite fait la pensée de ce type pour ceux qui veulent) Alors pour Platon, il y a un ICI HAUT (intelligible) et un ICI BAS (Sensible). Dans l'ICI HAUT, se cache la Forme (comprendre par "Concept Absolu"). Dans l'intelligible il y a aussi : le Beau, le Bien, le Vrai. Tandis que dans le Sensible (là où nous vivons) n'existe que des copies plus ou moins bien faites de ce qu'il y a là haut. Exemple : Il existe une forme de Chaise universelle dans l'Intelligible. Et toutes les chaises qui existent sur terre ne sont que des Chaises copiées par rapport à la Vraie Chaise planquée là haut.

Même chose
pour Loïc Six.


Normalement :
(Moi) Loïc Six est le VRAI, tout droit sorti de l'Intelligible. Loïc Six est alors Divin. Il est habité par le Beau, par le Bien. Il rayonne car il est l'Original. Et les copies de Loïc Six tiennent du faux.

Mais :
Loïc Six (l'unique) n'est plus. Comme il existe deux Loïc Six. Moi, Loïc Six, ne dépend plus de l'intelligible. Il n'est plus l'incarnation du Beau, du Bien, du Vrai. Il n'est plus divin. Ainsi par là : Je ne suis plus un "Sur-Homme". Remis à sa place, il est alors une "impression" dans le sensible de la forme intelligible. Simple mortel, je trouvais absurde de me considérer comme un être divin. S'avouer que je ne suis plus issu de Dieu directement me permet d'échapper à la dictature de l'égo.

Et il n'y avait plus d'ici haut qui tenait, j'étais devenu un anonyme, un copie (comme on dit grossièrement) parmi les copies. Je n'avais plus à être ambassadeur de l'intelligible, et j'étais libre. Libre entre Bien et mal, entre Vrai et faux, entre Divin et pas divin, entre Beau et moche. L'Unique s'échappait. Et la copie effrayante pour l'original n'était pas si obscure. Elle subsistait même au delà de l'original. Elle pouvait s'en détacher, et vivre vers d'autres pays loin de sa forme mère. Certes, elle venait de là, mais sa vie n'avait rien à comparer avec sa chaire initiale : Et il était temps de reconnaître qu'elles étaient finalement équivalentes... Même si l'une ne peut pas naître sans l'autre, l'autre n'avait pas de sens sans sa copie. J'étais certes détaché de l'Intelligible, mais j'avais à présent le "pouvoir entre les mains de tendre vers les cieux ou vers les limbes... dit-il en regardant dans le lointain vers Verlinghem".



Platon s'en va,
Laissons place à notre sauveur ...
(article suivant)





<<< ... >>>